Synopsis
En pleine dépression économique, les primes des marathons de danse attirent jeunes et vieux accablés par la misère. Robert et sa partenaire Gloria dansent à en perdre la raison. Ils tiendront coûte que coûte. A moins que la mort ne les sépare ...
Affiche

Contribution




La banlieue a été extrêmement formatrice en termes de culture, de liberté et dans le fait d'apprendre à pousser les murs
Dans ma génération, les banlieusards travaillaient soient dans la fonction publique soit à l’usine. Il y avait une sorte de mécanisation : tu partais et rentrais à une heure précise. Tout est fait pour ne pas réfléchir et ne pas sortir des marges. Pour être un citoyen qui va servir « le capital ». Non seulement les parents en sont conscients, mais ils conditionnent leurs enfants à prendre leur place. L'État prépare les parents : une fois que tu ne seras plus utile, à la retraite on dispose déjà de la relève que tu as toi-même mise en place. On achève bien les chevaux, c'est cette roue, cette danse effrénée de 48 heures.
Ce sont les années de la Grande dépression, après le krach boursier. Pour trouver une occupation lors de cette grande dépression américaine, il y avait divers concours pour gagner un peu d’argent ou de la nourriture et dans ce film, un concours de danse. Les personnages vont, pour ne gagner presque rien, se lancer dans une danse effrénée. Sydney Pollack met en scène le fait que même dans la pénurie, dans la dépression, dans la misère, ce peu d'argent-là, il faut quand même le gagner.
Il y a ce couple magnifique qui faisait écho à ce que je voyais en banlieue : la course, jusqu'à la mort, d'être utile à la société, même dans la misère la plus totale. Ce film-là est le reflet symbolique de cette condition de mécanisation de la société qui n'a fait que s'empirer.