Synopsis
Pellicule tournée en 1950, ma première année à New York, plus précisément à Brooklyn. Williamsburg était un petit quartier misérable de Brooklyn habité à l'époque par des immigrants lithuaniens. C'était mon nouveau logis. Un logis misérable mais un logis tout de même. Comme je savais qu'Henry Miller avait vécu à Williamsburg, je passais devant chez lui tous les jours. J'étais heureux d'être là. Et j'étais libre. J'étais libre et je venais juste d'acquérir ma première caméra Bolex.
Affiche

Contribution




Peut-être que vous ne m'avez pas vu, mais moi j'ai su regarder
En voyant Williamsburg, Brooklyn, comme nombre de films de Jonas Mekas, j’ai l’impression de voir un double de moi, ancré dans un autre temps, avant moi.
J’ai la sensation d’être avec lui en salle de montage, à dérusher ces séquences non sonores. Ce que j’aime particulièrement, c’est la façon dont il montre ces instants de vie, avec énormément d’humanité, comme ce petit chien qui apparaît à la fin ou l’homme à la pipe. A son époque, sans zoom, avec un optique fixe, on pouvait encore s’approcher des gens sans qu’ils se sentent agressés, la caméra n’était pas une ennemie.
Je peux parfois avoir l’impression d’être un ballon qui virevolte de bourrasques en cumulus ; le travail de Jonas Mekas me rappelle que je suis ancré dans le réel, que je fais quelque chose d’immortel.
Chaque plan est une invitation à un moment plus long encore. J’aime le côté aventurier de Mekas, son chaos, qui passe du noir et blanc à la couleur, de la Lituanie à New York. Le tic-tac des 24 images par seconde perpétue en moi le désir de fabriquer mes propres images.
En toute modestie, je sens que je m’inscris dans la continuité du regard de Jonas Mekas.