Synopsis
Pierre vit en banlieue parisienne et travaille dans une usine. Chaque jour, il est confronté à la violence du système.
Contribution

Pierre vit en banlieue parisienne et travaille dans une usine. Chaque jour, il est confronté à la violence du système.
Peut-être que vous ne m'avez pas vu, mais moi j'ai su regarder
État des lieux, c'est magnifique. Ce qu'il faut remettre dans le contexte pour État des lieux, c’est que je fais de la boxe dans le premier et deuxième arrondissement chez Boivin. Je suis assez bon boxeur et j'entraîne Jean-François Richet et Patrick Dell’Isola, avec un des entraineurs des boxeurs amateurs, Lionel. Ils commencent à me parler de cinéma et me disent « On va faire une scène. Est-ce que tu ne peux pas venir avec nous aux Buttes-Chaumont pour nous apprendre à répéter les trucs ? » Il avait une petite caméra déjà et j'ai toujours été fasciné par les caméras.
On se retrouve sur un tournage, dans une salle de boxe. C’est le premier tournage auquel j'ai accès, mais c'est du cinéma vraiment indépendant. Pour moi qui suis un chien fou, à cette époque-là, c'est super compliqué. Je ne savais pas que sur un tournage, il fallait faire du silence. J’ai failli me battre avec l'ingénieur du son, ça a fait rire les autres.
Je découvre par la suite le film et je n’en reviens pas de ce que je suis en train de voir : je n’avais jamais vu des jeunes être politisés. Ça n’existait pas pour moi ces mecs-là, qui me parlaient de marxisme-léninisme. Quand je fais le film avec eux, ça m'ouvre une porte. Mais un peu amère : il ne faut pas faire de bruit ect.
Ils ont complètement chamboulé mon point de vue sur la consommation, sur le système, sur la politique ect. Je me suis retrouvé à faire des manifestations, je n’en n'avais jamais fait. Le cinéma m'a ramené dans des mondes inconnus et il m'a fait lâcher prise dans ma vie d'homme. C’est en allant vers le cinéma que j’ai pu me rencontrer.