Synopsis
La vie dans le camp de réfugiés Nabatia dans le sud Liban, accompagnée en voix-off par une lettre écrite à un fedayin (combattant palestinien). Une réponse à la Première Ministre israélienne Golda Meir qui déclarait que le peuple palestinien n’existait pas.
Contribution




Vesqui la récupération politique
Le cinéma militant, et notamment le cinéma palestinien, est une véritable arme pour défier l’effacement produit par la colonisation. L’ordre colonial israélien qui cherche à tout prix à exterminer une culture et un peuple, se résume dans la déclaration de l’ancienne Première Ministre israélienne Golda Meir au sujet des palestinien·nes : “they do not exist” (iels n’existent pas). En titrant son film de la sorte, Mustafa Abu Ali répond avec sa caméra à cette invisibilisation, matériellement incarnée par une mécanique de nettoyage ethnique visant à effacer l’existence du peuple palestinien. Par l’image accompagnée en voix-off par une lettre écrite à un fedayin, They Do Not Exist dépeint la vie dans le camp de réfugié·es Nabatia dans le sud du Liban, là où les palestinien·nes déraçiné·es de leur terre se retrouvent à la marge.
Faire sortir du champ de vision, ne pas voir… Ces actes sont caractéristiques de l’état d’esprit colonial et de la construction de nos banlieues - si on ne voit pas l’injustice, elle n’existerait pas. Alors on la déplace à la périphérie, hors de vue. Et les rares moment où on la voit, c’est seulement pour qualifier les personnes se révoltant face à l’injustice de terroristes, de barbares ou de criminels. La véracité d’une image permet de prouver l’intention génocidaire d’une parole, et de contredire le pouvoir colonial en montrant toute la vie et la culture qui anime un peuple dépossédé de sa terre. Un cinéma de l’enracinement, pour exister.
Sam Leter pour le DFF