Synopsis
Le 25 juillet 2020, le vraquier MV Wakashio s’échoue sur le récif de la côte Est de l'île Maurice. Douze jours plus tard, le pétrole se déverse, provoquant la pire catastrophe écologique jamais survenue dans la région.
Affiche

Contribution




Vesqui la récupération politique
Le 25 juillet 2020, le vraquier MV Wakashio frappe de plein fouet le récif de la côte Est de l'île Maurice, provoquant le déversement d’une quantité astronomique de pétrole. La marée noire qui recouvre la mer, les gens et les animaux s’accompagne d’une évidence tacite immédiate entre les habitant·es : aucun pouvoir central ne déploiera de moyens pour les aider.
Les habitant·es n’ont d’autre choix que de s’y mettre ; coudre des filets, organiser des chaînes humaines pour faire reculer la marée noire, vider le pétrole seau par seau. Leur force est si grande que même les poissons, les coquillages et les oiseaux morts dans le pétrole reviennent à la vie pour les aider. En 10 minutes et quelques milliers de dessins, Kim Yip Tong nous fait éprouver le délaissement de la périphérie, que celle-ci ait le statut de ghetto ou même d’île de paradis, où l’on vit les pié dan lo. Dans les deux cas, la banlieue est toujours le laboratoire d’expérimentation des catastrophes écologiques, sociales, politiques et économiques du centre. Mais à cette fatalité du réel capitaliste et écocide, la réalisatrice répond par la magie. Les animaux se mettent à aider les marginaux à protéger la vie et la Terre qui, elle, ne connaît rien de la binarité du système et sa manie de tracer une ligne de partage entre centre et banlieue, entre vies qui comptent et vies qui ne comptent pas.
Maya Boukella pour le Decolonial Film Festival