Le cinéma est aussi une façon de retrouver la mémoire
C’est presque un film thèse, entre la fiction l’essai et le documentaire.
Il s’agit d’un film indépendant écrit collectivement, controversé de manière très violente à sa sortie : il a été accusé de racisme inversé.
Dans ce film, le montage est en soi un langage politique : en déconstruisant la forme, en faisant du film un alibi pour sa critique et des idées philosophiques qui ouvrent le débat.
Il y a aussi ce rapport entre le rythme musical et celui des corps dans la ville. Quand j’ai vu ces images de Chicago, cela m'a renvoyé à Pointe-à-Pitre et à d'autres villes que je connais. C’est un film où se déploie une tension entre sacré et profane ; la présence des églises qui insinue l'aliénation et en même temps la présence du jazz alors que pendant longtemps, les Noirs-Américains n'avaient pas le droit de jouer leur musique.
Le réalisateur fait le lien entre le jazz et l'oppression : la structure du jazz reflète la condition et l'expérience noire aux États-Unis. Il existe une tension entre la liberté, qui se matérialise par l'improvisation et par ce qu'il appelle restraint (la contrainte), autrement dit, la structure de la sociale américaine.
La façon même dont le jazz est joué, reflète la condition noire : il offre un espace de liberté avec l'improvisation, tout en étant régi par énormément de codes qui empêchent d'aller trop loin. Il témoigne de la joie de pouvoir vivre, parce qu’on a survécu et de la connaissance intime du fait qu’il n’y ait pas de futur possible dans cette société. Une phrase de la voix off du film témoigne bien de cela : « L'existence des Noir.e.s est une contradiction entre la joie de vivre le présent et la conscience d'un futur sans avenir ».
Comment on avance quand on est dans le néant ? C’est aussi cela dont je parle dans mon film : comment appartenir à une terre qui ne nous appartient pas ? Avons-nous un futur à l’intérieur de la France ?
Cette voix off dit aussi : « L’Amérique a besoin des Noir.e.s pour lui apprendre l'humanité ». Pour moi, cela renvoie à la manière dont les sociétés occidentales capitalistes regardent depuis longtemps les modes de vie traditionnels pour réapprendre à vivre, redevenir humain.
Le cinéma est aussi une façon de retrouver la mémoire
C’est presque un film thèse, entre la fiction l’essai et le documentaire.
Il s’agit d’un film indépendant écrit collectivement, controversé de manière très violente à sa sortie : il a été accusé de racisme inversé.
Dans ce film, le montage est en soi un langage politique : en déconstruisant la forme, en faisant du film un alibi pour sa critique et des idées philosophiques qui ouvrent le débat.
Il y a aussi ce rapport entre le rythme musical et celui des corps dans la ville. Quand j’ai vu ces images de Chicago, cela m'a renvoyé à Pointe-à-Pitre et à d'autres villes que je connais. C’est un film où se déploie une tension entre sacré et profane ; la présence des églises qui insinue l'aliénation et en même temps la présence du jazz alors que pendant longtemps, les Noirs-Américains n'avaient pas le droit de jouer leur musique.
Le réalisateur fait le lien entre le jazz et l'oppression : la structure du jazz reflète la condition et l'expérience noire aux États-Unis. Il existe une tension entre la liberté, qui se matérialise par l'improvisation et par ce qu'il appelle restraint (la contrainte), autrement dit, la structure de la sociale américaine.
La façon même dont le jazz est joué, reflète la condition noire : il offre un espace de liberté avec l'improvisation, tout en étant régi par énormément de codes qui empêchent d'aller trop loin. Il témoigne de la joie de pouvoir vivre, parce qu’on a survécu et de la connaissance intime du fait qu’il n’y ait pas de futur possible dans cette société. Une phrase de la voix off du film témoigne bien de cela : « L'existence des Noir.e.s est une contradiction entre la joie de vivre le présent et la conscience d'un futur sans avenir ».
Comment on avance quand on est dans le néant ? C’est aussi cela dont je parle dans mon film : comment appartenir à une terre qui ne nous appartient pas ? Avons-nous un futur à l’intérieur de la France ?
Cette voix off dit aussi : « L’Amérique a besoin des Noir.e.s pour lui apprendre l'humanité ». Pour moi, cela renvoie à la manière dont les sociétés occidentales capitalistes regardent depuis longtemps les modes de vie traditionnels pour réapprendre à vivre, redevenir humain.