De retour dans l’île que son père a quitté 50 ans plus tôt, la cinéaste remonte le cours du temps pour retracer l’histoire de son nom. Au fil de ce voyage initiatique sur les terres d’enfance de son père, son enquête nous transporte jusqu’à l’époque de l’esclavage. Aux archives, dans les jardins créoles ou les ruines des usines à sucre, se croisent les chemins d’une mémoire vivante, se dessine la vision d’un pays où les récits, les corps, les musiques, parlent avec force d’une histoire qui résonne encore. Le film se compose comme un jardin créole, dans le foisonnement des images et des récits ; il s’attache à la terre, entremêle repères intimes et mémoire collective. Avec Michel Rogers, généalogiste habité, à travers les souvenirs du père exilé ou dans les pas de Léna Blou, chorégraphe inspirée et de ses jeunes élèves, il déchiffre les traces contemporaines de l’esclavage, voire du colonialisme en général. Au détour de la Guadeloupe d’aujourd’hui il tend un miroir à la France dite métropolitaine : il part à la recherche de l’envers du pays.




Le cinéma est aussi une façon de retrouver la mémoire
Sylvaine Dampierre est d'origine guadeloupéenne. Elle est née et a grandi en France. Au moment où elle fait ce film, son père a quitté la France depuis 50 ans.
La réalisatrice part de son propre patronyme, qui est aussi un lieu en Guadeloupe. Elle interroge, à travers son regard de personne qui est de là-bas mais aussi d’ailleurs, les résurgences de la colonisation dans les corps, la terre et la généalogie. Elle part des noms des Guadeloupéens, en passant par le jardin créole et le travail de la chorégraphe Léna Blou, qui est aussi une mentoresse pour moi.
Le pays à l'envers fait un lien entre le gwoka, la danse et le corps qui pense ; les noms coloniaux que portent les gens et qui portent aussi les corps.
Sylvaine a été ma formatrice, avec qui je travaille toujours jusqu’à présent. Elle a été un phare pour moi durant la formation aux Ateliers Varan. Elle a par la suite co-fondé Varan Caraïbe avec Gilda Gonfier en 2006.
C’est un film qui a aussi formé mon regard . En le voyant, je me suis dit : « On peut dire cette terre autrement ».