Synopsis
Petites guerres raconte les petites histoires de trois personnages à la veille de la guerre civile du Liban en 1975. Malgré lui, Talal, le fils d'un seigneur féodal, doit assumer son rôle de chef de clan à la mort de son père. La femme qui l’aime, Souraya tente de l’aider en kidnappant un homme d'affaires. Enfin, Nabil est un photojournaliste qui prétend être un héros alors qu’il ne fait que profiter du contexte pour vendre de la drogue.
De petites histoires qui se passent durant de petites guerres.
Affiche

Contribution




Nos récits sont là, même s’ils ne sont pas encore racontés
C’est un film extrêmement fort, touchant parce qu’on voit des jeunes gens que rien ne préparait à ce déferlement de violence, à l’explosion de l’horreur qu’ont été les guerres civiles libanaises et qui se retrouvent totalement emportés par elle. Le film, situé dans les premières années de la guerre du Liban, montre le vacillement de nos vies, le moment de bascule où plus rien ne sera comme avant. Mais c’est aussi un moment où tous les centres de pouvoir vacillent, où le centre-ville lui-même devient un no man’s land. Les centres se fragmentent, se divisent, sont détruits, créés des lignes de démarcations nouvelles et clivantes. C’est un genre de “promenade avec la vie et la mort” où la génération perdue de nos parents se retrouve à devoir gérer un pays où les lois d’avant ne représentent plus rien et où les nouvelles règles de la guerre ne sont pas encore mises en place. Cet entre deux, ce chaos parfois latent, c’est là où se débattent les personnages, Souraya (magnifique Souraya Baghdadi), Talal et Nabil qui chacun vont devoir faire des choix désespérés. Petites guerres montre comment la violence bouleverse les vies, tel un virus qui contamine toutes relations amoureuses, amciales, le quotidien, les rêves. Cette désintégration humaine, politique et sociale expose ainsi les destins brisés des personnages qui tentent de résister avec leur jeunesse, leur fougue, leur confusion et leurs illusions perdues. La fin de l’innocence et pour nous de toute notion d’héroisme.