Synopsis
Un cinéaste palestinien expatrié revient en Israël pour faire un film sur la perte d'identité de la population arabe d'Israël. Son récit est constitué de deux parties, « Nazareth, journal intime » et « Jérusalem, journal politique »
Affiche

Contribution




Nos récits sont là, même s’ils ne sont pas encore racontés
Le premier film d’Elia Suleiman est pour nous un choc. Tout d’un coup, un cinéma profondément politique, social mettant au centre la tragédie palestinienne s’autorisait à être drôle, à nous faire sourire, rire, montrant des dispositifs burlesques qui accentuent étrangement le drame. Cela ouvre l’imaginaire, permet la fiction, renforce paradoxalement le réel. Le film raconte la vie quotidienne de ceux appellés les arabes-israéliens à Nazareth, pris entre le pays occupant et l’étrangeté de leur situation. Ils sont aliénés dans leur pays, y vivent un exil intérieur extrêmement complexe, déchirés entre adaptation et identité. Leur territoire, leur passé et leur mémoire, leur histoire qui se fragmentent sont mis en écho avec une narration non linéaire, une constellation de scènes et d’histoires non continues, comme la discontinuité au coeur de la vie des Palestiniens, faites de ruptures et bouleversements incessants. Ces décalages, le style et les dispositifs d’Elia, sa présence au centre du film en corps-observateur par le truchement duquel nous assistons à tout cela, son humour, ses plans fixes résonnent et accentuent cette perte inéluctable. Le film diffuse, avec humour, mélancolie et tristesse, l’absurdité de la violence et surtout d'autres modes de résistances.