1881, au Caire. Le Service des antiquités, dirigé par le Français Gaston Maspéro, voudrait mettre un terme au trafic d'objets anciens, en pleine recrudescence. Un archéologue, Ahmad Kamal, s'attèle tout particulièrement à cette rude tâche. Cependant, dans les montagnes du Deir El Bahari, Wannis succède à son père et prend la tête de la tribu des Hourabât. Il ne tarde pas à comprendre que depuis toujours, les siens fouillent les tombes des pharaons et revendent au marché noir le produit de leurs rapines. Bien décidé à mettre fin à cette lente destruction de la mémoire nationale, il se tourne vers les Occidentaux...





Nos récits sont là, même s’ils ne sont pas encore racontés
Dans Thèbes (la nouvelle Louxor), un jeune homme découvre que sa famille pille et vole des tombes pharaoniques pour survivre. Dans l’Egypte de la fin du XIXème siècle, ce film explore le patrimoine, l’héritage, le colonialisme et la restitution. Il peint les déchirements entre fidélité au sien, modernité, sacré, idéntité et Histoire. Il questionne pouvoir et résistance traditions et pensées dominatrices. La manière dont l’archéologie est traitée, bien sûr, nous interpelle particulièrement Khalil et moi qui travaillons dans ce vertige temporel depuis un moment. Mais surtout, ce film est un chef d’oeuvre au niveau visuel. Le réalisateur, un architecte de formation, traite chaque plan avec une rigueur, une beauté formelle, picturale à couper le souffle, une contemporanéité plastique d’une force rare au cinéma avec une utilisation du noir et blanc jouissive, hypnotique, qui nous habite durablement.