Deux jeunes gens s'aiment et désirent se marier, mais un sorcier conseille au fiancé d'éprouver les sentiments de sa promise. L'épreuve est de taille : le jeune homme disparaît, la jeune fille doit le rechercher en sachant que, si elle ne le retrouve pas, elle le perd. Dans sa quête, elle est protégée par un mystérieux enfant qui la guide avec le chant de sa guitare. Vibrante histoire d'amour - "kaka yo" signifie "rien que toi" en lingala -, le film entremêle vie moderne, avec la jeunesse de Brazzaville qui danse les danses européennes en vogue dans les années 60, et dimension initiatique, avec le sorcier, son pouvoir, et un gamin qui incarne l'esprit de l'amour.

Kaka-Yo
Synopsis
Contribution



Connexion Atlantique
Une traversée sur les remous du grand fleuve Kongo depuis Kinshasa et nous voilà à Brazzaville, capitale de la République du Congo dans lequel ce court-métrage a été tourné au début des années 1960. Restauré en 2020 par la Cinémathèque Afrique, il a été réalisé par Sébastien Kamba, considéré comme le ou l’un des premiers cinéastes congolais.
Kaka yo qui signifie en lingala « rien que toi » raconte les tourments d’un jeune couple dont l’amour est mis à l’épreuve via les recommandations d’un Nganga (guérisseur et conseiller spirituel, on préfèrera ce terme précis aux termes « sorcier » ou « féticheur », trop vagues et stéréotypés).
Ce film est construit comme un conte congolais. On y trouve tous les personnages caractéristiques : le nganga, l’enfant prophétique, la berceuse qui rythme le récit. Cette berceuse intitulé « Milele miani » est l’une des plus connue au Congo. Elle a même été reprise par la célèbre chanteuse et militante sud-africaine Miriam Makeba.
Mais Kaka Yo propose aussi en filigrane une critique du mariage traditionnel et du patriarcat et portraitise une culture où le spirituel conserve une place centrale. Le visible et l’invisible s’y côtoient, constamment, subtilement.