Le paysan palestinien Emad possède cinq caméras vidéo, et chacune d'elles raconte une partie différente de l'histoire de la résistance de son village à l'oppression israélienne. Emad vit à Bil'in, juste à l'ouest de la ville de Ramallah, en Cisjordanie. À l'aide de la première caméra, il a filmé comment les bulldozers étaient venus arracher les oliviers du sol en 2005. Ici, un mur a été construit directement à travers les terres de ses concitoyens du village pour séparer les colonies israéliennes en progression, des Palestiniens. Dans les premiers jours de la résistance aux colons et aux soldats israéliens omniprésents, le fils d'Emad, Gibreel, est né. Les scènes passent de l'enfant qui devient un enfant d'âge préscolaire précoce aux nombreux actes de protestation pacifiques et aux progrès constants de la construction du mur de séparation. Des sympathisants du monde entier, y compris d’Israël, apportent leur aide à mesure que la résistance se développe, mais lorsque la situation s’intensifie, des personnes sont arrêtées et des villageois sont tués. Emad continue de filmer malgré les supplications de sa femme, qui craint des représailles. Il s'agit d'un document personnel extrêmement puissant sur la lutte d'un village contre la violence et l'oppression.





Nous, Kourtrajmeuf
« 5 caméras brisées » de Emad Burnat et Guy Davidi (2011) est un documentaire qui raconte l’histoire d’Emad, paysan, qui vit à Bil’in en Cisjordanie. Il y a cinq ans, au milieu du village, Israël a élevé un “mur de séparation” qui exproprie les 1 700 habitants de la moitié de leurs terres, pour “protéger” la colonie juive de Modi’in Illit, prévue pour 150 000 résidents. Les villageois de Bil’in s’engagent dès lors dans une lutte non-violente pour obtenir le droit de rester propriétaires de leurs terres, et de co-exister pacifiquement avec les Israéliens. Dès le début de ce conflit, et pendant cinq ans, Emad filme les actions entreprises par les habitants de Bil’in. Avec sa caméra, achetée lors de la naissance de son quatrième enfant, il établit la chronique intime de la vie d’un village en ébullition, dressant le portrait des siens, famille et amis, tels qu’ils sont affectés par ce conflit sans fin.
Ce film c’est comme un journal intime qu’Emad a eu le besoin viscéral de partager avec nous. Il filme pour « ne pas perdre la mémoire » et témoigner de l’escalade de la violence et de la répression de l’armée israélienne. Avec lui, nous pénétrons au coeur de sa vie intime en partageant la naissance d’un de ses enfants, ses premiers mots, ses premiers pas. Puis nous nous retrouvons au coeur de la résistance palestinienne où Emad partage cette fois ci ses drames avec nous.
Avec ce documentaire « Cinq caméras brisées », Emad Burnat et Guy Davidi nous montrent à quel point il peut être difficile de raconter certaines histoires mais aussi à quel point il est nécessaire de persister afin de les raconter.