
Mehdi Charef © Maya Mihindou
C’est avec une immense tristesse que l’équipe de la Cinémathèque idéale des banlieues du monde a appris la disparition de Mehdi Charef, survenue dans la nuit du 9 juin 2026.
Écrivain et cinéaste, Mehdi Charef marque durablement les esprits dès son premier roman, Le thé au harem d’Archi Ahmed, qu’il adapte lui-même au cinéma sous le titre Le thé au harem d’Archimède. Grand succès public et critique, le film reçoit en 1985 le prix de la jeunesse à Cannes, le prix Jean-Vigo et le César du meilleur premier film. Pendant près de trente ans, Mehdi Charef poursuit son œuvre de réalisateur avec plus de dix films parmi lesquels Au pays des Juliets (1991), Marie-Line (1999), La Fille de Keltoum (2001), Cartouches gauloises (2007) ou encore Graziella (2015). Auteur d’une pièce de théâtre et de neuf romans, il publie notamment Rue des Pâquerettes en 2019 aux éditions Hors d’atteinte, récompensé par le Prix littéraire de la Porte Dorée.
Nous vous invitons à redécouvrir ses mots à travers l’entretien qu’il nous avait accordé en mai 2025, dans lequel il revenait sur son parcours et son oeuvre mais aussi sur les films qui l’ont inspiré :
“Pour moi le cinéma, c’était un moment de libération, où je m’évadais du regard des autres, de la voix des autres, du bidonville, de ma mère qui s’en plaignait beaucoup. La vie dans les bidonvilles de Nanterre était particulièrement difficile. Le cinéma m’a aidé à survivre (...). Je voulais parler de nous, simplement parler de nous. Lorsque les gens passaient devant les cités, je savais qu’ils ne nous regardaient pas bien ; ils se demandaient quand est-ce que l’on allait repartir. Moi j’avais envie de leur dire, il n’y a pas de retour.”
Mehdi Charef a ouvert la voie à de nombreux.ses cinéastes, pour qui il demeure une figure essentielle. Son œuvre, portée par un regard singulier sur le monde, occupe une place inestimable dans l’histoire du cinéma français comme dans celle des représentations, si rares, des classes populaires et de l’immigration ouvrière.
La Cinémathèque idéale des banlieues du monde entend poursuivre le travail de mémoire engagé autour de ses films et veillera à faire vivre son héritage cinématographique.



