Cinéaste engagé, Jean-Pierre Thorn tourne son premier court métrage, Emmanuelle, en 1965 et son premier long en 1968 au coeur de l'usine occupée de Renault-Flins dans le cadre des productions des Etats Généraux du Cinéma français.
Abandonnant le cinéma en 1969 pour un emploi d'ouvrier spécialisé à l'usine métallurgique Alsthom de Saint-Ouen, le cinéaste fait son retour en 1978 et devient co-animateur de la distribution d'un programme de 10 films intitulé Mai 68 par lui-même.
En 1980, il réalise un nouveau long-métrage, Le Dos au mur, qui correspond à un témoignage de l'intérieur sur son expérience ouvrière, puis de nombreux films d'entreprises et émissions syndicales, dont le premier magazine télévisuel inter-comités d'entreprise "CANAL C.E."
En 1989, Thorn signe sa première fiction Je t'ai dans la peau puis, passionné par le mouvement hip-hop, il réalise trois films autour de cette mouvance, dont Faire Kiffer les Anges en 1996, On n'est pas des marques de vélo qui sort sur les écrans en 2003 et 93 la belle rebelle (2010).
Son dernier film L’Âcre Parfum des immortelles (2019) remonte le fil de sa vie pour retrouver les figures qui ont peuplé ses films : des ouvriers en lutte des années 70 jusqu’à leurs enfants du mouv’ hip-hop… et aujourd’hui les gilets jaunes d’un rond-point à Montabon (Sarthe).
© Photographie : Serge Mouraret/Alamy/Photo12



