
© Image extraite du film On n'est pas des marques de vélo (2003) de Jean-Pierre Thorn.
La Cinémathèque idéale des banlieues du monde a appris avec une profonde tristesse le décès du réalisateur Jean-Pierre Thorn, ce samedi 5 juillet.
Notre équipe adresse ses pensées les plus sincères à sa famille, ses ami.es et ses proches.
La création d’une Cinémathèque idéale des banlieues du monde est intimement liée à la démarche du cinéaste : regarder les réalisateurs et réalisatrices qui expérimentent, résistent, créent, et meurent parfois méconnus ; celles et ceux qui sont loin des milieux qui donnent le “la”, celles et ceux qui seront toujours au carrefour des résistances ; celles et ceux, enfin, dont l’engagement et les luttes sont indissociables de leur œuvre. Jean-Pierre Thorn était l’un de ceux-là.
A l’ombre de l’oubli, un cinéma est né. Essentiel, éternel. Il a tracé ce qui ne s’efface ni avec le temps ni avec le vent : la dignité d’être regardé. Il a donné place à d’autres, au beau, aux formes, aux mouvements, à tous ceux qui représentaient un élan vital pour penser une société plus juste.
C’est ce leg qu’il nous revient de préserver après son départ. Poursuivre, ne pas rendre vain ses combats, lui qui donnait aux auteurs et aux autrices de toute génération la foi de poursuivre, lui qui soutenait infailliblement les salles, festivals et structures qui œuvraient à l’indépendance, à la liberté de création, à la place des voix écartées.
Rien n’était plus puissant que d’avoir comme repère un cinéaste comme Jean-Pierre Thorn pour penser la Cinémathèque idéale des banlieues du monde.
Rien n’était plus puissant que d’avoir auprès de soi, un cinéaste dont l’intégrité et la colère étaient incarnées à l’écran et au présent.
Dès demain, nous nous mobiliserons autant qu’il le faudra pour protéger son œuvre, la préserver, partager son histoire, son parcours, ses archives, ses films et ceux qu’il lui tenait tant à cœur de réaliser…