Cinéaste belgo-camerounaise, Rosine Mbakam réalise son premier long métrage documentaire, Les Deux visages d’une femme bamiléké, à la sortie de l’INSAS, en 2017. Suivront Chez Jolie Coiffure et Les Prières de Delphine, jusqu’à Mambar Pierrette, présenté en sélection à la Quinzaine des cinéastes, en 2023. La démarche documentaire de la cinéaste s’inscrit dans la relation qu’elle instaure avec les femmes qu’elle filme, privilégiant pour toujours l’égalité.
« Je partage le pouvoir avec les personnes que je filme. Ce pouvoir, inhérent au cinéma, n'est pas toujours partagé. Ce n'est qu'en le partageant avec les filmés que j'arrive à raconter leur histoire. Ce qui importe, ce n'est pas le film que je veux faire mais de raconter ces histoires. J'ai eu envie de faire du cinéma parce que je voulais filmer ma famille et les gens que je connaissais. Je n'avais pas envie d'utiliser ce rapport de pouvoir avec eux, de les enfermer dans quelque chose qui ne les représentait pas. »
En 2026, Rosine Mbakam est l’artiste associée à la 5ème édition du Workshop Jeune création de la Cinémathèque idéale des banlieues du monde.
Projection du film Deux visages d’une femme bamiléké à 19h
Deux visages d’une femme bamiléké de Rosine Mbakam
(Cameroun, Belgique, 2016, 77 min)
Ce film raconte le retour d’une jeune femme dans son pays d’origine, le Cameroun, ses retrouvailles avec sa mère, retrouvailles construites autour des espaces revisités de leurs deux vécus. Deux parcours différents qui se croisent autour des traditions qui fondent leurs deux personnalités. À la recherche des sentiments enfouis, des histoires émergent, son histoire. Donner vie aux voix endormies dans le silence, éclairer les visages des femmes de sa communauté, qui l’ont construite, pour faire jaillir d’autres couleurs de leurs visages.
La projection est suivie d’une rencontre avec Rosine Mbakam
Projection du film Mambar Pierrette à 21h30
Mambar Pierrette de Rosine Mbakam
(Cameroun, Belgique, 2023, 93 min)
Couturière à Douala, Pierrette s’occupe seule de ses enfants et de sa mère. Habituée à devoir faire au jour le jour, elle doit néanmoins encaisser coup sur coup un vol à la tire et une inondation qui envahit sa maison comme son atelier. Comme toujours, Pierrette coud les tissus, peut-être aussi les plans, et sa vie en tout cas, tandis que ses clientes lui parlent de leurs soucis. Fiction nourrie d’une matière largement documentaire, Mambar Pierrette est d’une rectitude admirable, sans pathos, à l’image de son interprète principale, valeureuse et discrète, n’abandonnant jamais.
La séance est présentée par Rosine Mbakam.